Genou qui gonfle : quand s'inquiéter ? | Dr Guilhem, chirurgien orthopédiste Toulon
Genou qui gonfle : quand s'inquiéter ?
Votre genou a gonflé. Peut-être après une marche un peu longue, peut-être au réveil sans raison apparente, peut-être après une chute ou une torsion. Il est chaud, tendu, parfois douloureux. Vous ne savez pas si c'est grave ou si ça va passer tout seul.
La réponse dépend entièrement de la cause. Un genou qui gonfle n'est jamais un diagnostic — c'est un signe. Et derrière ce signe, il peut y avoir des choses très différentes, du banal au sérieux. Voici comment je l'évalue en consultation.
Ce qui se passe concrètement quand le genou gonfle
Le gonflement du genou correspond à une accumulation de liquide dans l'articulation — ce qu'on appelle un épanchement articulaire. En temps normal, le genou contient quelques millilitres de liquide synovial qui lubrifie l'articulation. Quand quelque chose l'irrite ou la blesse, la membrane synoviale réagit en produisant davantage de liquide. Le genou devient tendu, parfois chaud, difficile à plier complètement.
La quantité de liquide, sa nature — claire, trouble, sanguinolente — et le contexte dans lequel il est apparu sont les trois éléments qui orientent immédiatement le diagnostic.
Les causes les plus fréquentes
L'arthrose du genou. C'est la cause la plus courante après 50 ans. Un genou arthrosique peut gonfler après un effort inhabituel, une longue marche, une journée debout. L'épanchement est réactionnel — il traduit une poussée inflammatoire sur un cartilage déjà abîmé. Il régresse souvent avec le repos et les anti-inflammatoires, mais revient si l'arthrose progresse ou si l'activité n'est pas adaptée.
La lésion méniscale. Un ménisque fissuré ou une lésion dégénérative peut provoquer un épanchement persistant, souvent associé à une douleur précise sur l'interligne articulaire. Le genou gonfle progressivement, sans choc violent. C'est fréquent après 45 ans, parfois sans souvenir d'un traumatisme particulier.
La rupture du ligament croisé antérieur. C'est le tableau classique du sportif : torsion du genou, craquement, genou qui gonfle massivement dans les heures qui suivent. L'hémarthrose — épanchement de sang dans l'articulation — est caractéristique. Le genou est très tendu, douloureux, difficile à mobiliser. Ce tableau nécessite une consultation rapide.
L'épanchement après effort chez le sportif. Un genou qui gonfle modérément après la course ou le sport sans traumatisme précis peut témoigner d'une souffrance méniscale, d'une chondropathie rotulienne, ou d'un syndrome fémoro-patellaire. C'est moins urgent, mais mérite une évaluation pour ne pas laisser évoluer une lésion qui pourrait se traiter tôt.
L'infection articulaire — arthrite septique. C'est le tableau que je veux exclure en priorité quand un patient me consulte pour un genou gonflé. Un genou infecté gonfle rapidement, devient très chaud, très douloureux, avec souvent de la fièvre. C'est une urgence chirurgicale — chaque heure compte pour préserver le cartilage. Si vous avez ces signes, n'attendez pas : allez aux urgences.
La poussée de goutte ou de chondrocalcinose. Des dépôts de cristaux dans l'articulation peuvent provoquer des épisodes inflammatoires intenses — genou gonflé, rouge, brûlant, douloureux au moindre contact. Cela ressemble parfois à une infection. Un prélèvement du liquide articulaire fait la différence.
Les signes qui doivent vous faire consulter rapidement
Tous les genoux gonflés ne sont pas urgents. Mais certains signes doivent vous alerter et vous conduire à consulter sans attendre :
Un gonflement brutal après un traumatisme — chute, torsion, choc direct — surtout si le genou est très tendu et difficile à mobiliser.
Un genou chaud, rouge, avec de la fièvre, même légère. C'est une infection jusqu'à preuve du contraire.
Un gonflement qui ne régresse pas malgré le repos et les anti-inflammatoires après 5 à 7 jours.
Un genou qui ne se plie plus ou ne s'étend plus complètement — signe possible d'un fragment méniscal instable ou d'un blocage articulaire.
Une douleur nocturne associée au gonflement, qui vous réveille sans effort particulier.
Ce que je fais en consultation
Quand un patient vient me voir pour un genou gonflé, mon premier geste est clinique : je palpe l'articulation, je recherche le choc rotulien — signe d'un épanchement important — je teste la mobilité, la stabilité ligamentaire, les points douloureux sur les interlignes méniscaux.
Selon ce que j'observe, je demande des radios en charge pour évaluer l'état du cartilage et de l'os, et selon le contexte, une IRM pour préciser une lésion méniscale, ligamentaire ou cartilagineuse.
Si l'épanchement est important et que je veux savoir ce qu'il contient — ou si je veux simplement soulager rapidement la tension articulaire — je peux réaliser une ponction du genou au cabinet ou la faire réaliser par un radiologue. C'est un geste simple, rapide, peu douloureux, qui soulage souvent très efficacement et qui me donne une information précieuse sur la nature du liquide.
Doit-on opérer un genou qui gonfle ?
Pas nécessairement, et souvent non. La grande majorité des épanchements du genou se traitent sans chirurgie : ponction si besoin, infiltration de corticoïdes, traitement de la cause sous-jacente, kinésithérapie, adaptation de l'activité.
La chirurgie s'envisage quand la cause le justifie — une lésion méniscale mécaniquement symptomatique, une rupture du LCA chez un patient qui veut reprendre le sport, une lésion cartilagineuse chez un patient jeune. Mais le gonflement en lui-même n'est pas une indication opératoire. C'est ce qui le provoque qui oriente la décision.
Ce que je dis souvent à mes patients : un genou qui gonfle régulièrement sans que vous sachiez pourquoi, c'est un genou qui vous envoie un signal. Mieux vaut l'écouter tôt que d'attendre que la situation se complique.
Je reçois en consultation au Pôle Orthopédique Toulon Liberté — 141 place de la Liberté, Toulon — et à l'Hôpital Privé Saint-Roch — 99 avenue Saint-Roch, Toulon. Si votre genou gonfle de façon répétée ou inexpliquée, une consultation permet de poser un diagnostic précis et d'adapter la prise en charge. Prise de rendez-vous sur Doctolib.